La région Phnom Penh et le Sud couvre la capitale du Cambodge et les provinces adjacentes du sud-est jusqu'aux limites de la côte sud. C'est la dimension historique, mémorielle et contemporaine du voyage cambodgien — celle de la mémoire douloureuse du génocide khmer rouge (1975-1979), de la splendeur résiduelle de la monarchie khmère, de l'effervescence d'une capitale en pleine transformation, et de la francophonie héritée du protectorat français (1863-1953).
Phnom Penh (1,5 million d'habitants, agglomération de 2,3 millions) s'étend à la confluence stratégique de trois fleuves : le Mékong (qui traverse le Tibet, la Chine, le Laos, le Cambodge et le Vietnam avant de se jeter dans la mer de Chine méridionale), le Tonle Sap River (qui change de sens d'écoulement deux fois par an, phénomène unique au monde), et le Bassac. Cette position stratégique fit sa fortune à l'époque coloniale — les Français y installèrent leur protectorat administratif en 1865, transformant un village en "Perle de l'Asie", capitale de l'Indochine française à certaines périodes, ville élégante aux boulevards larges et aux villas coloniales en stuc.
L'histoire récente de la ville est dramatique. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh et évacuent la ville en 72 heures — 2 millions d'habitants forcés de marcher vers les campagnes pour la "rééducation" et le travail forcé. Pendant près de 4 ans, Phnom Penh sera une ville fantôme — les Khmers rouges considéraient les villes comme des foyers de corruption capitaliste à éradiquer. À la libération par les troupes vietnamiennes en janvier 1979, la population est revenue progressivement, mais la cicatrice reste vive. Le centre de torture S-21 (ancien lycée transformé en prison) et les Killing Fields de Choeung Ek témoignent de cette période — étapes mémorielles essentielles pour comprendre le pays.
Aujourd'hui, Phnom Penh est en pleine mutation. Gratte-ciel chinois qui poussent à grande vitesse (Vattanac Capital Tower, Rose Condo, OCIC Tower), embouteillages monstres, classes moyennes émergentes qui consomment dans les nouveaux malls (Aeon Mall, Olympia Mall), scène culinaire qui se sophistique (haute gastronomie khmère à Romdeng, Friends the Restaurant, Cuisine Wat Damnak n'existe qu'à Siem Reap mais Phnom Penh a son équivalent avec Mok Mony et Malis). Le riverside (3 km de quais aménagés sur le Tonle Sap, de l'embouchure du Bassac à la pagode Wat Phnom) est l'épine dorsale touristique — restaurants, bars rooftop, bateaux d'excursion, hôtels boutique.
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