
site archeologique
Abou Simbel
Quatre colosses de Ramsès II hauts de 20 mètres taillés à même la falaise, et le temple de Néfertari à 100 m de là — déplacés bloc par bloc dans les années 1960 pour échapper à la montée du lac Nasser.
Abou Simbel est l'un des sites les plus émouvants de la planète, à plus d'un titre. C'est d'abord un chef-d'œuvre architectural absolu : commandé par Ramsès II au XIIIe siècle av. J.-C. pour célébrer sa victoire à Qadesh sur les Hittites et marquer la frontière sud de l'Égypte, le grand temple s'élève sur 33 mètres de haut et déploie quatre colosses du pharaon assis de 20 mètres de haut taillés directement dans la falaise de grès. À l'intérieur, une suite de salles hypostyles s'enfonce sur 65 mètres dans la roche jusqu'au sanctuaire le plus secret, où sont disposés quatre dieux assis : Ramsès lui-même divinisé, Amon-Rê, Rê-Horakhty et Ptah. Deux fois par an — le 22 février et le 22 octobre, dates probablement choisies pour célébrer l'anniversaire et le couronnement du pharaon — les premiers rayons du soleil pénètrent à l'aube dans le couloir et viennent illuminer trois des quatre statues, laissant Ptah (dieu des ténèbres) dans l'ombre. À 100 mètres de là, le petit temple est dédié à Néfertari, épouse favorite de Ramsès II, et à la déesse Hathor — un geste politique et amoureux d'une rare audace pour son époque, car c'est l'un des très rares temples égyptiens où la reine est représentée à la même échelle que le pharaon.
Abou Simbel est ensuite un monument à la coopération internationale. Avec la construction du haut barrage d'Assouan entre 1960 et 1970, les eaux du lac Nasser allaient engloutir le site sous 65 mètres d'eau. L'UNESCO lança alors l'une des plus grandes opérations de sauvetage archéologique de l'histoire : entre 1964 et 1968, les deux temples furent découpés en 1 042 blocs de 20 à 30 tonnes chacun, remontés 65 mètres plus haut et 200 mètres plus loin sur une fausse colline construite spécifiquement, et réassemblés avec une précision millimétrique. Le résultat est si parfait que rien ne trahit l'opération à l'œil nu, et l'orientation astronomique des rayons solaires a été préservée à un jour près. Près de 50 pays contribuèrent au financement (36 millions de dollars de 1968, soit l'équivalent de 250 millions aujourd'hui). Ce sauvetage marqua le début de la convention sur le patrimoine mondial de l'humanité — Abou Simbel est, à plus d'un titre, le berceau de l'UNESCO moderne.
Les points forts
- ✅L'un des chefs-d'œuvre architecturaux absolus de l'Antiquité égyptienne
- ✅Sauvetage UNESCO 1964-1968 : l'un des plus grands chantiers archéologiques du XXe siècle
- ✅Temple de Néfertari : rare temple où la reine est représentée à l'échelle du pharaon
- ✅Cérémonies du solstice (22 février et 22 octobre) au lever du soleil, atmosphère unique
- ✅Possibilité d'arrivée par croisière sur le lac Nasser — approche grandiose au coucher du soleil
Les limites
- ❌Excursion éprouvante : 280 km depuis Assouan, départ très tôt le matin
- ❌Chaleur extrême d'avril à octobre, aucune ombre sur le site
- ❌Visite courte (1h-2h) imposée par la logistique des convois
- ❌Hébergement sur place très limité (3-4 hôtels seulement)
Situation
Où se situe Abou Simbel ?
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Comment se rendre à Abou Simbel ?+
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Quand a lieu la cérémonie du solstice solaire ?+
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Notre verdict
Abou Simbel est l'un des trois ou quatre grands moments d'un voyage en Égypte, à hauteur de Karnak, des pyramides de Gizeh et de la vallée des Rois. L'effort logistique pour y parvenir — 280 km de désert depuis Assouan, départ avant l'aube, retour en milieu d'après-midi — fait partie intégrante de l'expérience, et la récompense est immense : se tenir face à ces quatre colosses de 20 mètres taillés à même la falaise il y a 33 siècles, savoir qu'ils ont été démontés et remontés pierre par pierre dans les années 1960 pour échapper aux eaux du lac, et imaginer Néfertari accompagnant son pharaon-mari dans la pénombre du sanctuaire voisin, c'est l'un de ces moments qui marquent durablement un voyageur. Venez impérativement entre octobre et mars, partez en avion si votre budget le permet, et envisagez les cérémonies du solstice (22 février ou 22 octobre) si vos dates le permettent.





