
île
Hiva Oa
Hiva Oa est l'île de Gauguin et Brel : pèlerinage incontournable au cimetière marin de Calvaire au-dessus d'Atuona, où les deux artistes reposent côte à côte. Plus les tikis monumentaux de Puamau, vestiges précoloniaux les plus puissants du Pacifique sud.
Hiva Oa est l'île principale du sud des Marquises et la capitale administrative de l'archipel marquisien. Avec ses 315 km² et 2 200 habitants, c'est la deuxième plus grande île des Marquises (après Nuku Hiva) et probablement la plus chargée d'histoire culturelle. Située à 1 400 km au nord-est de Tahiti et à 1 200 km au sud de l'équateur, elle est dominée par le mont Temetiu (1 276 m), sommet volcanique souvent couvert de nuages qui domine spectaculairement le village d'Atuona, blotti dans la baie de Tahauku au sud-est.
Le village d'Atuona (1 250 habitants) est le centre culturel et administratif de l'île. C'est ici que se concentre tout ce qui fait la singularité de Hiva Oa pour les voyageurs : les tombes de Paul Gauguin et Jacques Brel au cimetière marin de Calvaire (au-dessus du village, panorama saisissant sur la baie de Tahauku), le Musée Paul Gauguin (reproductions des œuvres marquisiennes du peintre, biographie, contexte), l'Espace Jacques Brel (avion Jojo restauré, biographie marquisienne du chanteur), la cathédrale Notre-Dame des Îles Marquises (siège du diocèse).
Paul Gauguin (1848-1903), peintre post-impressionniste français, arrive à Hiva Oa en septembre 1901 après avoir vécu plusieurs années à Tahiti. Il s'installe à Atuona dans une maison qu'il baptise 'Maison du Jouir' (aujourd'hui reconstituée en musée), où il vit ses 18 derniers mois en confrontation permanente avec les autorités coloniales (administrateur, évêque, gendarmes). Il peint certaines de ses dernières toiles dans cette période — Cavaliers sur la plage, Et l'or de leurs corps, Femmes et chevaux blancs. Il meurt à Atuona le 8 mai 1903 à 54 ans, des suites d'une syphilis avancée et d'une dépendance à la morphine. Il est enterré au cimetière marin de Calvaire — la pierre tombale en pierre volcanique surmontée d'une réplique de sa sculpture Oviri ('La Sauvage') est l'un des lieux de pèlerinage culturel les plus émouvants du Pacifique sud.
Jacques Brel (1929-1978), chanteur belge, s'installe à Atuona en novembre 1975 après avoir mis fin à sa carrière de chanteur en 1967. Il achète un terrain à Atuona, construit une maison face à la baie de Tahauku, et achète un avion Beechcraft Twin Bonanza (le célèbre 'Jojo', baptisé en hommage à un de ses amis) avec lequel il assure des liaisons ravitaillement entre les îles marquisiennes — médicaments, courrier, passagers. Il devient une figure familière de l'archipel, respectée par les Marquisiens. Atteint d'un cancer du poumon, il quitte Hiva Oa en juillet 1978 pour Bruxelles où il meurt le 9 octobre 1978. Conformément à son souhait testamentaire, il est enterré au cimetière de Calvaire à Hiva Oa, à quelques mètres de Paul Gauguin. Sa pierre tombale en pierre noire porte simplement son nom et celui de Madly Bamy, sa dernière compagne qui repose avec lui depuis 2008.
Au-delà d'Atuona, la vallée de Puamau (à 1 h 30 de 4x4 à l'est, route asphaltée) abrite les vestiges précoloniaux les plus impressionnants de Polynésie française : le me'ae Iipona (temple à ciel ouvert) avec sa plate-forme cérémonielle ornée de tikis monumentaux en pierre. Le tiki Takaii (2,67 m de haut) est le plus grand tiki des Marquises et l'un des plus impressionnants de tout le Pacifique. Le tiki Maki Taua Pepe représente une figure féminine en train d'accoucher. Le site est classé monument historique et constitue un témoignage exceptionnel de la civilisation marquisienne précoloniale (XIIIe-XVIIIe siècles).
L'île offre aussi des randonnées spectaculaires dans les vallées intérieures : vallée d'Hanapaaoa (cascades, sites archéologiques), vallée de Tahauku (proche d'Atuona), ascension du mont Temetiu (1 276 m, trek exigeant pour randonneurs expérimentés, 8-10 h aller-retour). Les pétroglyphes de Eiaone (vallée à l'ouest d'Atuona) constituent une autre découverte archéologique majeure.
Les points forts
- ✅Tombes de Paul Gauguin et Jacques Brel au cimetière marin de Calvaire — pèlerinage culturel unique
- ✅Tikis monumentaux de Puamau (me'ae Iipona) : vestiges précoloniaux les plus impressionnants de Polynésie
- ✅Musée Paul Gauguin et Espace Jacques Brel à Atuona — patrimoine vivant
- ✅Paysages volcaniques sauvages, vallées tropicales luxuriantes
- ✅Culture marquisienne préservée : tatouage traditionnel, sculpture sur bois, danse
Les limites
- ❌Accessibilité difficile : 3 h 30 de vol depuis Tahiti, vols pas quotidiens
- ❌Pas de lagons turquoise ni de plages paradisiaques (côtes rocheuses)
- ❌Hébergements très limités et basiques (Hanakee + 2-3 pensions)
- ❌Nono (moucherons piqueurs) très présents — répulsif puissant indispensable
- ❌Pluies fréquentes en saison humide, sentiers boueux
Situation
Où se situe Hiva Oa ?
Ouvrir la carte en grand sur OpenStreetMap →Questions fréquentes
Comment se rendre à Hiva Oa depuis Tahiti ?+
Combien de nuits passer à Hiva Oa ?+
Où trouver les tombes de Paul Gauguin et Jacques Brel à Hiva Oa ?+
Que sont les tikis de Puamau ?+
Où loger à Hiva Oa ?+
Que sont les 'nono' et comment s'en protéger à Hiva Oa ?+
Notre verdict
Hiva Oa est l'une des destinations les plus chargées d'histoire culturelle de Polynésie française. Pèlerinage incontournable au cimetière marin de Calvaire pour les amateurs de Paul Gauguin et Jacques Brel, découverte des tikis monumentaux de Puamau (vestiges précoloniaux les plus impressionnants du Pacifique sud), randonnées dans les vallées tropicales sauvages. Mais c'est une destination exigeante : accessibilité difficile (3 h 30 de vol depuis Tahiti, vols pas quotidiens), hébergements très limités (Hanakee + pensions), pas de lagons turquoise. Comptez minimum 3-4 nuits à Hiva Oa (combinées avec 3-4 nuits à Nuku Hiva pour un voyage marquisien complet de 7-10 jours). Privilégiez la saison sèche (mai à octobre). Pour une expérience signature, optez pour la croisière Aranui 5 (12 jours dans les 6 îles habitées, escale à Hiva Oa incluse). N'oubliez pas le répulsif anti-nono — indispensable.





