Pour comprendre l'Île Maurice, il faut d'abord remonter son histoire. Inhabitée jusqu'aux premières installations européennes, l'île est successivement colonie portugaise de passage, hollandaise, puis française (1715-1810) avant de passer sous domination britannique jusqu'à l'indépendance en 1968. Chaque époque a laissé des traces : le nom des lieux (Mahébourg, Curepipe, Chamarel), l'architecture créole de Port-Louis, les grandes maisons de plantation et les jardins botaniques comme celui de Pamplemousses, l'un des plus anciens de l'hémisphère sud.
L'âme de Maurice tient dans son peuplement unique. La colonisation française fit venir des esclaves d'Afrique et de Madagascar ; l'abolition de l'esclavage en 1835 amena ensuite des centaines de milliers de travailleurs engagés d'Inde, qui forment aujourd'hui la majorité de la population et dont le lieu d'arrivée, l'Aapravasi Ghat de Port-Louis, est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. La communauté sino-mauricienne, arrivée dès le XIXe siècle, et les Franco-Mauriciens, descendants des colons, complètent ce tableau. Le résultat est une société plurielle remarquablement pacifique, où communautés hindoue, musulmane, chrétienne et bouddhiste vivent côte à côte : temples, mosquées, églises et pagodes jalonnent les mêmes routes de campagne.
Le créole mauricien est la langue du quotidien et du cœur ; le français domine la presse et la culture, l'anglais l'administration et les affaires. En pratique, tout voyageur francophone sera parfaitement compris partout sur l'île. Le calendrier festif est le reflet de cette diversité : Divali (fête des lumières hindoue), Cavadee (procession tamoule), Nouvel An chinois, Eid ul-Fitr, Noël catholique et fête nationale du 12 mars se succèdent tout au long de l'année, donnant à l'île un rythme festif permanent.
Le séga, musique née des souffrances de l'esclavage, est l'expression artistique la plus authentique de l'île. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, ce mélange de percussions (ravane, maravanne, triangle), de chant plaintif et de danse sensuelle se découvre lors de soirées organisées dans les resorts, mais aussi spontanément sur les plages du week-end. Le paysage culturel du Morne Brabant, péninsule volcanique qui fut refuge des esclaves marrons au XVIIIe siècle, est lui aussi classé par l'UNESCO — un site à la fois spectaculaire et chargé de mémoire, incontournable pour qui veut saisir l'âme profonde de Maurice.
À lire aussi
- Comparatif des destinations de l'océan Indien — Maurice vs Réunion vs Seychelles vs Madagascar.
- Quand partir aux tropiques — Le calendrier des meilleures destinations tropicales mois par mois.
- Découvrir les Seychelles — Notre fiche détaillée sur les Seychelles, une alternative à Maurice.
